Manifeste, suivi de cinq poèmes momo

Bonjour, ceci est le premier manifeste connu et reconnu de et par moi-même d’un phénomène nouveau survenu il y près de deux ans et une nuit, au cours de laquelle un curieux personnage vint me visiter afin de me révéler à moi-même. Dieu merci, ce curieux somnambule n’était autre qu’un de mes nombreux egos ; je le reçus donc avec une indulgence évidente malgré l’heure plus ou moins tardive et lui/me servis un Isley convenablement iodé, après quelques verres duquel je décidai de me tutoyer afin de maximiser au mieux l’entretien décisif que nous avions, lui/moi et moi/lui convenu de nous accorder. Nous/je me/nous m’égarai/âmes…
On va simplifier, au Diable la courtoisie, il est question de moi et de personne d’autre, merde, quoi !
Je reprends d’un peu plus haut…je me suis levé la gorge sèche, me traînant vers la salle de bains, seul, fort heureusement, car mon petit ensemble nocturne de célibataire névropathe se compose intemporellement d’un vieux caleçon long aux genoux saillants et au cache-couilles béant et d’un T-shirt troué sous l’aisselle gauche estampillé NYPD, un cadeau d’une Ex piercée à la jugulaire, américanophile accro à toutes sortes de séries TV débiles où les flics les plus décérébrés sont à l’honneur…bref, donc, que s’est-il passé au juste au beau milieu de cette nuit-là ?…Ah oui, une révélation, et pas la moindre : mon vieux, me suis-je dit à cette heure nocturne où, lorsque j’ai le malheur de me réveiller afin de soulager ma vessie victime d’une prostate défaillante, mon mépris tenace pour une large partie de l’humanité réclame son espace au coeur de mon mental…euh…donc, mon vieux, me suis-je dit, t’en as pas marre de ces petits écrivaillons foireux qui aimeraient tant que tu viennes payer ta cotisation annuelle afin de faire partie de leur petit cercle frileux composé des pires souillons littéraires qui se passent de main en main la flamme olympique d’une médiocrité puante d’autosatisfaction mal à propos ?…Ben non, fut ma réponse à moi-même, puisque je n’ai jamais été sollicité !…
Mais oui!!!
C’est vrai, ça, ces infâmes bactéries prétentieuses n’avaient jamais daigné laisser un tant soit peu d’originalité pénétrer dans le fût au moût pourrissant de leur quant-à-soi !…non, je n’en avais pas marre d’être sollicité, mais j’étais bel et bien furieux de ne jamais l’avoir été !
Ce fut la révélation de cette nuit-là. C’est au moment précis où je retirai un reste de faut-filet d’entre une canine et une incisive à l’aide d’une allumette grossièrement taillée que je pris la décision d’infiltrer l’ennemi et d’y poser ma bombe. Une bombe dont les déflagrations successives réduiraient en poussière l’affreux désert pseudo-poétique où pourrissent au fil des saisons de pauvres vers en état de sous-alimentation avancée. Telle fut, et telle est toujours ma mission sacrée : affoler le canal auriculaire, tétaniser la préciosité…et, euh…enfin, pour vous la faire courte, raconter des trucs archi-loufdingues, mais à fond, et comble d’effronterie, vous savez comment j’ai décidé d’appeler ça ?…Poésie !!!!
Ouais, parfaitement !


Quand l’appétit va

ichtyoplumitophages vocifératiboisants
quadrilobotomisérables oxyboldogéniques
solimalhabiliterrorisés excèboulimisogynaimables
tridimensiolexiques extravertimuros subvensoniques
sentimentanalgésiques corporaticides banlieusarcastrés
cogitérratuméfiés oxygénovores déstadébilisarcophylocoques
oriférimaniacorporautistes assasynthétiseurs anticommunyctalopes
désodorisaboteurs métastationnaires biomarasmétropes déforestatrabilaires

excentricéphalidiomerdiques misérumathisensorienterrés consupsychomaniacos
urospermicidécalcifiés hémorroïdamnéphrétimorés camphrogustatifs
thyroÏdétractumortifiés pestifibromuralgiques codéinervés
euphorizoïdémangézonas yschémitransaccidentés
emphysérumétasistolasthmaladisquerniques
vasculofibromiscuitérrorisés convulsevrés
tricomonaphtalipposucés ostéoporeux
arthridiphtécholestérysomniaques

Et nous savons bien

tout devient triste
comme un petit chien dans une trousse
de premiers secours
la crème est renversée le chef de rang tétanisé
et nous savons bien
que les Vénusiens ne vont pas nous épargner

que fait le gouvernement
que font-ils
en ce moment pendant
qu’on repeint tout en blanc ?

le monomoteur de la soeur du président
des tastebières
du Sacré-Coeur s’est écrasé
en-deça de ce côté-ci de Montmorency

zéro mort zéro tort ils ont fait fort
et peut-être ailleurs
ici là ou là-bas que reste-il des
ferrailleurs
qui dansaient le tango à contrecoeur ?

tout devient triste dégagez la piste
allez coucher les marmots
avant qu’on vous en fasse dans le dos

Dazibao

vastes campagnes aux coucou-clochers
bavards
allons rincer la glotte aux malvenus
d’ailleurs
qui ont soif de liberté soda rhum-coca
glaçons
rengaines de curés emplumés de mardi-gras
en tutu mauve
les réparateurs d’apirateurs à péché descendront
du ciel
il y aura des perturbations et des précipatations
papales
beau temps en matinée rafales d’AK47 en fin
d’après-midi
le monde est beau on a repeint les gerçures
aux sourires
la chasse aux chauves-souris est fermée de
l’intérieur
les cheveux poussent à l’envers mode été
automne HIVer
je ne suis plus celui que j’étais depuis que
viens d’ailleurs
je ne suis plus d’ailleurs depuis que j’habite
là-bas
retournez sept fois le dictionnaire avant de
prendre une douche
mouchez-vous dans le foin avec les orteils
pour témoins
allons boire un thé sucré chez une madone
poivre et sel
au commencement étaient les coucou
clochers
et tout allait bien dans le meilleur du
reader’s digest


Bestiaire sensible

quand les vaches
gazouillent au zénith
le crapaud doré est roi
dans le vestibule du désarroi

et dorment les canons
sous les blés mûrs
d’un continent en vivisection

pianoter dans un canoë est aussi
primesautier
qu’une rombière pleurant
sa tisane renversée

et grognent les gargouilles
sur les échasses
d’un bébé en vadrouille

à trop tourner autour du mot
on finit par douter
de la fortune du mulot

le crapaud doré est roi
et dorment les pianos
sur les rives de l’Orénoque
bénie soit cette belle époque

Réjouissances

ô vertes prairies de derrière-la-maison
avec ses
nains ventrus aux trognes de pochtrons
un camion leur passera dessus
après le défilé des
filles-de-Marie-aux-sept-poils-de-cul

le printemps est annoncé en promotion
avec ses perce-neige à triple rotation
garantis inoxydables
et leur jeu de mèches dépucelables

ô vertes maisons aux indigènes
anxiogènes
qui castrent leurs chats et vaccinent leurs
chiens
gens de bien gens de rien lâches neuneus
et peureux

le printemps est déplacé derrière la maison
en retard d’une saison
les perce-neige son piégés prêts à exploser

ô sainte-Marie-en-string-et-culotte
sainte patronne de la divine capote
un nain te pass’ra dessus quand l’heure sera venue

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